Les femmes ne sont pas oubliées par le Sida mais par les institutions... Financer la recherche sur « contraception et VIH » est une urgence !

Communiqué de presse de la Confédération pour la Journée Internationale de Lutte contre le Sida

01/12/2014

Lors de la conférence mondiale sur le sida de Melbourne, l’OMS a appelé à la mobilisation pour renforcer les actions en direction des publics les plus exposés, rappelant qu’en Afrique les filles et les jeunes femmes sont particulièrement touchées par l’épidémie.

Le VIH est la principale cause de décès des femmes en âge de procréer dans les pays en développement : 63% des 15 - 24 ans vivant avec le VIH sont des filles et à l’échelle mondiale, elles ont des taux d’infection deux fois plus élevés que les jeunes hommes.

Lors de la conférence « HIV Research for Prévention » (HIVR4P) au Cap en octobre 14, premier congrès mondial exclusivement consacré à la prévention biomédicale, les chiffres de prévalence du VIH chez les femmes sont tombés comme un coup de massue : dans certaines régions d’Afrique du Sud, 45% des femmes de 23-24 ans suivies pour leur grossesse sont séropositives ! Dans ces mêmes régions, on estime qu’environ 7 à 10% des femmes de moins de 25 ans s’infectent chaque année.

Malgré cette situation dramatique, les femmes demeurent pourtant une population largement négligée par la recherche. Ainsi, nous constatons une absence de données fiables sur l’impact de certains moyens de contraception sur l’acquisition ou la transmission du VIH.

Or, depuis plusieurs années, des inquiétudes se font jour sur le rôle que pourrait jouer le Depro-Provera© (contraceptif injectable à base de progestérone, un des plus utilisés dans les zones de forte prévalence) dans l’augmentation de la vulnérabilité au VIH.

Selon certaines études observationnelles, les femmes qui utilisent ce type de contraception auraient jusqu’à deux fois plus de risque de s’infecter par le VIH.

En Afrique du Sud, si l'on exclut les préservatifs, les contraceptifs injectables représentent près de 75 % des méthodes contraceptives distribuées, dans un contexte de prévalence record de l’infection VIH. Et avec l’arrivée d’un « Dépo nouvelle génération », le Sayana press© à 1 $, son utilisation va encore se répandre.

Si le Depro-Provera© est au centre des inquiétudes, les données sur les autres méthodes hormonales telles que l’implant, dont l’utilisation se développe dans ces pays, n’existent pas plus.

Il existe pourtant une étude, l’essai ECHO, qui devrait permettre de répondre aux questions concernant l’impact des trois options contraceptives spécifiques (Depo-Provera©, l’implant Jadelle© et le DIU cuivre) sur l’acquisition ou la transmission du VIH. Mais cet essai est en panne faute de financement !

L’essai ECHO doit se poursuivre grâce au soutien de la France, de l’Europe et des institutions internationales, la santé des femmes est en jeu !

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